
kozn
Art of noIse
Autº reTrato
Music Visual kOzn 2005 Marseille Barcelone
Voice Eva Cruells
Poetry Maria Mercé Marçal
El meu Amor sense Casa
El meu amor sense casa.
L’ombra del meu amor sense casa.
La bala que travessa l’ombra del meu amor sense casa.
El vent que arrenca les fulles que cobreixen la bala que travessa
l’ombra del meu amor sense casa.
Els meus ulls que arrelen en el vent que arrenca les fulles
que cobreixen la bala que travessa l’ombra del meu amor sense casa.
El meu amor que s’emmiralla en els ulls que arrelen en el vent
que arrenca les fulles que cobreixen la bala que travessa l’ombra
del meu amor sense casa.
Maria-Mercè Marçal, «El meu amor sense casa». A: Desglaç, Barcelona: Edicions 62; Empúries, 1988, p.83
M
aria-Mercè Marçal, née en 1952 à Barcelone et morte en 1998, est l’une des grandes figures de la littérature catalane contemporaine. Elle a grandi à Ivars d’Urgell dans un milieu rural, profondément marqué par sa famille : sa mère lui transmit l’amour de la langue et du chant, tandis que son père encouragea son intérêt pour la culture et les études.
Très jeune, elle commence à écrire de la poésie. D’abord en espagnol en raison du contexte de la dictature franquiste, elle adopte ensuite le catalan sous l’influence du mouvement culturel de la Nova Cançó. Installée à Barcelone pour étudier la philologie classique, elle s’engage à la fois dans la vie littéraire, l’antifranquisme, le nationalisme de gauche et le féminisme, tout en exerçant comme professeure de langue et littérature catalanes.
Dans les années 1970, elle entre sur la scène littéraire avec plusieurs recueils de poésie récompensés, notamment Cau de llunes, et participe à la création d’une maison d’édition consacrée à la poésie. Son œuvre et ses prises de position féministes la rendent rapidement reconnue.
Les années 1980 sont marquées par la maternité, qui inspire une partie importante de son œuvre poétique, ainsi que par l’exploration de thèmes novateurs comme l’amour entre femmes. Elle traduit également de nombreuses autrices et contribue à redonner visibilité à des écrivaines oubliées.
Dans les années 1990, elle publie son unique roman, La passió segons Renée Vivien, largement primé, qui confirme sa place majeure dans la littérature catalane. Elle s’investit aussi dans la promotion des femmes écrivaines. Après plusieurs années de maladie, elle meurt en 1998, laissant une œuvre poétique, narrative et critique essentielle, dont certains textes seront publiés après sa mort.