kozn
Art of noIse
Antonin Artaud est né à Marseille le 4 septembre 1896 et est mort à Ivry-sur-Seine le 4 mars 1948. Il est un théoricien français du théâtre (Le Théâtre et son Double, Le Théâtre de la Cruauté), acteur, écrivain, essayiste, dessinateur et poète. La poésie, la mise en scène, les drogues, les pèlerinages, le dessin et la radio étaient « une manière de toucher un peu à la réalité qui s’enfuit ».
« Les asiles de fous sont des réceptacles de magie noire, consciente et préméditée, et ce n’est pas seulement que les médecins préfèrent la magie à travers leurs traitements qu’ils affinent, ils la font. S’il n’y avait pas de médecin, il n’y aurait pas de patients, non pas par les malades, mais par la société qui commence, ceux qui vivent, vivent morts, et il faut aussi que la mort soit vivante… Il n’y a rien de tel qu’un asile d’aliénés pour recouvrir doucement la mort, et pour garder les morts dans une couveuse. Cela a commencé en 4000 avant J.-C., cette technique thérapeutique de la longue mort moderne, complice de la magie la plus sinistre et la plus infâme, passe ces morts par électrochocs ou thérapie à l’insuline, afin de pouvoir vider ces mâles quotidiennement, et de les présenter, ainsi vidés, ainsi fantastiquement disponibles et vides, aux stress anatomiques et atomiques obscurs de l’état appelé « bardo » : remise du barde de la vie aux exigences du non-soi. Le Bardo est l’étoile de la mort par laquelle le soi tombe dans un état flasque, et il y a, dans l’électrochoc, un état flasque, par lequel tout traumatisé passe. Ce qui lui fait ne plus à ce moment savoir, mais effroyablement et désespérément mal comprendre ce qu’il était lorsqu’il était lui-même.
J’y suis allé et je ne l’oublierai pas… »
Document audio enregistré en 1946 par Antonin Artaud, pour la radio, après sa sortie de l’asile de Rodez où il subit 51 électrochocs administrés par Gaston Ferdière, médecin chef du service psychiatrique de l’asile de Rodez où Artaud a été interné de 1943 à 1946.
« Si notre vie manque de magie constante, c’est parce que nous choisissons d’observer nos actions et de nous perdre en prenant en compte leur forme et leur signification imaginées, au lieu d’être poussés par leur force. »
— Antonin Artaud, Le Théâtre et son Double, 1938.
